Maroc

Maroc – Premiers jours

Les photos d’abord, pour donner envie, puis le texte, écrit un peu rapidement ce midi, désolé ! Il est 17h, je repars vers les montagnes !

 

Voilà. Je suis au Maroc. Pierrequirouleaumaroc est arrivé au Maroc, ca sonne pas mal, puis ca rime aussi.

J’étais arrivé, il y a une éternité maintenant, à Grenade. J’y ai passé trois belles journée de repos, en charmante compagnie, avec une autre voyageuse Américaine ;). Trois jours de crampes aussi, qui sont revenues plus fortes que jamais lorsque je m’arrête de rouler. C’est comme si chaque partie de ma cuisse devait se réveiller, m’empécher de marcher pendant 30 mn, puis me laisse repartir. Je suis handicapé pendant 4 jours. Puis nous prenons le bus (quoi ! le bus !) pour Malaga, ou les Feria débutaient. Gros bordel dans toute la ville, et Litres de Vino de Verano, mélange de vin et de soda qui pourrait ressembler à de la Sangria, à 2€. Puis mon américaine est repartie, et me voilà à nouveau seul. Après avoir patienté sur la plage, et dans la ville en jouant de la guitare, j’embarque sur le Ferry Transmediterranea. J’aime me faire transporter en bateau, avec mon vélo dans la cale, pour de nouvelles contrées ! Pas de lit sur ces Ferries, je pose mon matelas et mon sac de couchage dans la salle la plus sombre.

1er jour au Maroc

Après une bonne nuit de sommeil et sans trop avoir été dérangé, je débarque, sur le continent Africain, à Melilla ! Que d’aventures à vivre ici ! Je commencerai par le Maroc. Me voici au Maroc ! Pas tout à fait. Melilla est une enclave espagnole, je parcours un kilomètre pour arriver au poste frontière, ou une foule de Marocains font la queue avec des marchandises à la main. Le bordel à la frontière. Puis, premiers coups de pédale vers le Sud … ça pue, les vieilles voitures des années 70 défilent, les déchets au bord de la route, la circulation sans code de la route; les mobilettes à 3 roues, les gens à dos de mules sur le bord de la route, le bordel, d’autres gens assis au bord de la route à rien faire … je me sens bien ! Je retrouve tout de suite des sensations connues, Turquie, Iran, Ouzbekistan. Je connais ça. Aaaaaaaah je vais me sentir bien ici ! Aaaah ça sent le pays ou il faut se débrouiller, où il y a pas de règles pour ci, pour ça, ou il y a de la vie sur la route, et ou on achete à manger dans des minuscules boutiques et au marché, ou je suis un étranger. En 10 km de route, j’arrive même à brièvement accrocher (Trucksurfer) deux camions lents. Ca va etre bien ici !

De l’argent. Il me faut de l’argent. Je ne connais même pas le nom de la monnaie. Je trouve une banque, je retire 500 Dirams = 50 Euros. Je vais dans un premier café, demande un Coca : 4 Dirams = 40 cts le cocca dans un café. Aaaaah je vais me sentir bien ici ! Les gens donnent envie qu’on leur parle.

Puis je quitte la ville, la côte, la grande route, la puanteur, pour me plonger dans les paysages arides, vers le Sud, et sur une petite route à perte de vue.

Première pause sur la route, je tombe sur Ahmed, qui a un petit bout de maison dans le désert. Il m’invite à manger des figues et un fruit inconnu. Nous allons chercher de l’eau dans son petit puits perso.

L’après midi : des grands paysages désertiques, des grandes routes en pente très légère, peu de voitures, le vent dans le dos. Quel accueil pour cette première journée !

Le soir : je demande à me poser dans le jardin d’un agriculteur, qui me permet de m’installer dans un garage à côté de sa maison. Ils ont des vaches, des brebis, ils font pousser des figues, du thé, qu’ils vendent au marché. Il a 7 enfants dont 5 garçons. Je suis rapidement invité à manger avec la famille, après qu’ils m’aient rassasiés de figues de leur terrain.

Quel accueil au Maroc cette première journée ! Parfaite !

Mercredi 20 Aout

Le lendemain midi, après avoir passé une grande ville, j’ai voulu pousser un peu plus sur la route. La prochaine ville est à 65 km, et sur cette route il n’y a rien. Quelques rares maisonnettes de terre. Mais comment des gens peuvent vivre dans ce rien ? Il fait chaud, il n’y a pas d’eau, le voisin est à 4km. Comment font-ils ? Quelle est leur vie ? Et la chaleur de 11h monte, je dois m’arrêter pour ma pause journalière. Je me dirige vers une de ces petites fermes. Les petites filles appellent leur papa, il ne parle pas un mot de francais mais je lui explique que je cherche de l’ombre pour la pause de midi, il m’invite à prendre un petit thé à l’ombre. Ses deux compères arrivent, dont l’un me regarde avec insistance, il ne m’inspire pas confoance.

La confiance, il ne s’agit que de ça en voyage, surtout seul. Et ça s’attrape au premier coup d’oeil, en deux phrases, en quelques gestes, en un regard, je confierais mon vélo et toutes mes affaires précieuses (CB, passeport et appareil photo en gros), tout ce que j’ai à telle ou telle personne. J’irai dormir chez lui, je le suivrai même si je ne comprends pas ou il m’emmene. Tout ça est si vite jugé. C’est un sens humain, une somme d’attitudes, de non verbal, qui fait que je fais confiance en les gens, ou plutôt que je vais rapidement passer mon chemin. Ca m’est arrivé une fois, en espagne, une pause dans une ville, un jeune type au regard mauvais qui vient vers moi me poser des questions. En une seconde je sais que je ne suis pas en confiance. “Je dois y aller maintenant,, je file, salut !”.

Entendons nous, c’est très, TRES, TRES rare. La plupart du temps, j’ai confiance. Ici je rencontre tellement de Marocains, toute la journée, je leur confierais à tous ma vie.

Pour en revenir à ce midi là, je confierais pas grand chose à ce troisième larron, qui me demande au premier abord si je peux lui donner mon chapeau. Mais j’ai confiance en les deux autres alors je suis rassuré.

Je passerai un bon midi finalement, auprès de ces pauvres bergers du désert. En repartant, le dernier insiste encore pour que je lui file ma chemise ou autre chose. “Allez, je dois y aller, au revoir, salut !” Et hop je suis déjà sur la route. Je suis reparti un peu trop tôt d’ailleurs, le soleil tape (16h), et je refais une pause au prochain coin d’ombre trouvé, à 3 km de là.

J’écris, j’écris ! J’ai des choses à dire !! Je continue

J’arrive ce soir là épuisé à Debdou après avoir terminé cette longue route en légère montée. J’ai pas dû assez manger à midi. Dans ces moments difficiles de route, une idée me fait pédaler, un unique but, précis : un coca bien frais. Comme le Capitaine Haddock au milieu du désert qui reve d’une bouteille de whisky, moi je pense à mon Coca. Et je l’ai bien eu, je me suis posé au premier café rencontré dans la ville de Debdou. En quelques conversations au café, je suis invité à passer à la nuit chez Mustafa.

Mustafa, Youssef, Mohammed, Karim … pas si variés les prénoms Marocains. Peut être que c’est parcequ’on qu’on connait déjà tous un Mustafa, Mohammed, un Youssef etc… chez nous, les Marocains sont nos amis. Disons que je n’ai pas encore rencontré ici un prénom que je n’avais jamais entendu. Bon quand même Mohammed, j’ai l’impression que dans une fratrie, il y a TOUJOURS, TOUJOURS un Mohammed. Un peu comme si on avait tous un “Jesus” chez nous, non ?

Jeudi 21 Août

Le matin, en montant un petit col, je tombe sur Ibrahim, un petit gosse qui monte le col, lui aussi. On termine ensemble et on prend une pause là haut. Je partage mes cacahuetes. Il m’emmène là ou je ne serais pas allé : il y a une espéce de manifestation, des tentes partout dans le désert, et des mecs à cheval en habits traditionnel (photos).

Puis je me lance, sur cette route, ces 150 km sans ville, qu’on m’a déconseillé dans la ville précédente car il n’y avait rien, que le plat à perte de vue. Je me lance. Le vent du Sud du soir dans le dos, quelle chance ! Quel bonheur. Lasensation de solitude est unique. Si tout se passe bien, et tout s”est bien passé, c’est en fait un pur bonheur solitaire. La peur que qqch se passe mal : un accident au milieu de rien, un fort vent de face, un problème technique, rend la chose excitante. Mais rapidement, et comme je n’avais pas de vent de face, j’ai pris confiance sur cette belle route.

Je dors seul dans le désert, et termine la route le lendemain matin. Cette route se termine sur les magistrales montagnes de l’Atlas.

Je rattrape alors une longue route plus fréquentée beaucoup moins intéressante. Tout de même : je passe la pause de midi sous un pont de ma route sous lequel passe une rivière, à sec. Je rencontre alors un vieux berger (Photo) qui y fait passer ses moutons. Il va les faire boire dans le Oued pas loin d’ici. Je laisse mon vélo sous le pont, je le suis. Je partage alors un bout de sa marche probablement quotidienne vers la rivière. Pas un mot de Français, alors on parle peu. On marche tous les deux, sous le soleil de midi, il m’explique des choses en gestes, ca a l’air de parler de sécheresse. Il pousse ses cris de berger. Et on marche tous les deux. Je ne vois déjà plus mon vélo, je ne vois toujours pas la rivière. Après 40mn de marche (je m’attendais à 5 mn au départ), assoiffé, cramé, la rivière est là, au milieu du désert ! Je me baigne, et lui fait boire ses chèvres. Je retourne ensuite auprès de mon vélo manger et boire. Belle rencontre inattendue, encore une fois.

Ce soir là, le vent du Sud n’est plus avec moi, je roule 30 km contre le vent, j’ai le moral à zéro, je vois un panneau “gite touristique” en entran dans la ville dans laquelle j’arrive, je le suis sans me poser de questions.

J’y suis très bien accueilli, vraiment. Pas comme un client, mais comme un invité, meme si je paye (15 euros…). Les propriétaires de ce BnB sont sincères, pas pervertis par le tourisme. C’est chouette, et le soir on me sert un copieux Tajine.

Le Francais. C’est étrange d être un étranger dans un pays dont la langue “officielle” est le Francais. La plupart des gens parlent le Français, surtout les adultes en fait. C’est moi l’étranger, et c’est EUX qui font l’effort de parler ma langue ! Merci à eux, et ca rend le voyage bien plus facile et agréable. Ca doit faire pareil d etre anglophone finalement.

Voilà, enfin, il y a eu hier, ou j’ai poursuivi cette longue route vers le Sud, et ou j’ai passé le midi à l’ombre du camion en panne de Youssef, c’était tres sympa, et j’ai dormi hier soir près d’une station d’essence. Il y a aussi toutes ces petites pauses dans les villages ou je suis souvent spontanément invité à boire un thé. Ce midi; enfin, j’arrive au coeur de l’Atlas. Me voici arrivé ce midi à Richd, après 6 jours de route, et tellement de belles choses vécues ! Je crois que j’ai terminé la partie “désert” de cette session Marocaine, pour entrer dans la partie Montagnes !