France > Maroc 2014

2 mois, 4000 km, partant de chez moi, pour aller découvrir le Maroc, en passant par l'Espagne.

France – Des “routes blanches” et des églises

Le vendredi 25 Juillet 2014

Première étape : terminée ! Et en une semaine.

Voici donc le récit d’un début de voyage :

Vendredi 18 juillet, depuis Paris, je range dans les 4 sacoches tout le matos réuni dans mon appartement. Je les accroche au Surly Long Haul Trucker et hop là, rien n’a changé depuis 2012, on ne change pas une équipe qui a gagné !

Et voilà, le voyage en solitaire commence, je prends un train à Austerlitz, pour Orléans. Marre de la sortie de la région parisienne, je l’ai déjà faite au moins quatre fois : Paris – Nantes ; Paris-Londres ; Paris Montiers-en-Der ; Paris-Melbourne. J’estime avoir mérité de la sauter en train pour tous mes prochains voyages. Dans le train, les doutes reviennent, et les questions du pourquoi du comment j’en suis arrivé là, tout seul avec le Maroc en ligne de mire. Les réponses viendront en pédalant, et en attendant je dois faire confiance au moi du passé qui a rêvé cette aventure, maintenant qu’elle est présente et réelle. En bref, je me rends bien compte que la nouveauté et le challenge de ce voyage sera de le faire seul face avec moi-même. Je sais que ça va marcher, je l’ai déjà fait – un peu – mais je dois rentrer dedans.

9h, il faut pédaler. Direction Blois par les bords de Loire à vélo, la fameuse EuroVélo 6, très agréable, et on y rencontre évidemment énormément de cyclistes, touristes et voyageurs. La température monte sévèrement, mais j’avance bien et ma sœur m’a promis un bon plat de pâtes à Blois. J’arrive finalement chez elle à midi. J’ai un peu trop poussé pour arriver tôt, le soleil m’a attaqué la tête, comme un petit avertissement : « eh oui mec, c’est bien toi qui as voulu rouler en Espagne et au Maroc en plein été ! »…

Sur la route, j’ai rencontré une marcheuse de Compostelle. Elle a mal aux pieds et qui va vers Blois. Je l’invite chez ma sœur alors que je suis moi-même invité. La magie du voyage opère déjà ! Je retiendrai une phrase d’elle : “En voyage, on vit l’instant présent”. Bon ça a l’air une phrase toute faite un peu stylée mais c’est pas faux en fait, j’y repense souvent.

Le lendemain, je trace rapidement les 60km qui me restent pour atteindre Tours, où mon frère débarque en train à 12h00. Nous avons prévu une semaine de voyage à deux, pour me lancer en douceur dans le voyage en solitaire.

Et effectivement, on est bien rentrés dans le voyage tous les deux. Et un des autres objectifs du voyage est rempli : visiter notre belle France, de l’intérieur ! Nous avons pris les petites routes, les “blanches sur la carte, les minuscules, celles qui passent dans les petits villages typiques, celles qui passent chez les gens qui ne voient pas passer des voyageurs tous les jours et qui sont toujours ravis de converser un peu, et de nous prêter un toit pour la nuit.

Et donc, en voyage à vélo, il y a le jour : on roule, on fait défiler les paysages, les forêts et les reliefs. On prend plaisir à pédaler sur du plat, à se laisser aller dans une descente et on apprécie les montées à la fraiche, à 7h du matin, ou on en chie sous le soleil de 11h. On visite des villages typiques, on y prend une pause sur la place principale ou près de l’église, on achète un pain au chocolat à la boulangerie, et on parle un peu aux villageois curieux. On échange des sourires et on se souhaite des tas de bonnes choses. Le monde des bisounours, quoi ! Oh oui, qu’elle est jolie, la France, et comme ils sont gentils les villageois, et on n’en a vu qu’un tout petit bout ! Loire, centre, Creuse, Limousin, Lot, Dordogne. Une constante : quel que soit le village, quelle que soit sa taille, au centre : une église. Toujours une église. Souvent ouverte. Voilà, la France c’est plein d’églises partout, et il n’est pas difficile de comprendre qu’il fut une époque ou l’Eglise (avec un grand E) était au centre de TOUT, au dessus même de la noblesse. Car oui, il faut le dire il y a énormément de beaux châteaux aussi, mais l’église, elle, est au centre du village, au milieu des gens. Voilà. Alors voilà en photos une belle compilation !

Un de ces jours, nous trouvons sur notre route un autre cyclo-voyageur : Jérémie. Voilà quelqu’un qui visite la France comme il se doit : tapez « la gaule à vélo » sur google, et allez suivre sa page Facebook ! Le mec visite toutes les régions de France sur plusieurs mois, à la découverte des gastronomies locales et au gré des rencontres. Lorsqu’on la trouvé, il était à la recherche d’un moulin local qui presse de l’huile de noix. Nous l’avons suivi et n’avons pas regretté le détour (voir photo) ! La productrice nous en a fait la visite.

Et enfin, en voyage à vélo, il y a le soir, ce moment où l’on cherche un coin pour passer la soirée et la nuit, le moment où la magie du voyage opère et où l’on fait les plus belles rencontres. Premier soir : on nous autorise à nous poser sur l’aire de pique nique du village de Bournan. Christiane, une villageoise nous apportera gentiment un plat de pâtes bien chaudes, et une part de tarte aux prunes ! Deuxième soir : nous sommes acceptés dans un hangar annexe au modeste château du hameau de « Les Pruniers ». Troisième soir pas loin de Saint Auvent: dans une grange à foin, et les fermiers nous apportent du lait de leur production. Quatrième soir au camping municipal de Exideuil, avec Jérémie. Quatrième soir, au bord de la Vézère au niveau de Les Eyzies.

Cinq nuits, et j’ai toujours trouvé le moyen de me laver ; quand on veut, on peut ! Cinq nuits, et pas une seule fois je n’ai déplié ma tente, qui me servait alors d’oreiller-polochon ! Soit nous étions abrités, soit je dormais sans. Je me demande si ce n’est pas un poids mort finalement …

Nous voilà donc arrivés à notre village-étape de Cavagnac, où je prends deux jours de repos, et d’où François repartira demain. Merci à toi de m’avoir accompagné sur ce début de route. François est un excellent compagnon de route, et il a passé son brevet de cyclo-voyageur :

  • 80 km par jours –  OK
  • Demander aux locaux un abri pour le soir – OK
  • Gestion de situations à haut stress – OK (pneu déchiré + chambre a air éclatée, en plein soleil, et pas de pneu de re-change, pas de boutiques ouvertes)
  • Savoir adapter les plans en fonction des rencontres – OK

PS : n’hésite pas à écrire ton petit récit en commentaire de cet article !

Voilà, il reste que moi, mon vélo et ma guitare, et puis le Sud de la France, les Pyrénées, et l’Espagne, et l’inconnu !