France > Maroc 2014

2 mois, 4000 km, partant de chez moi, pour aller découvrir le Maroc, en passant par l'Espagne.

Espagne – Ma carte, mon doudou

AOÛT 2014

Grenade. J’ai traverse l’espagne du Nord au Sud !

Mon niveau d’espagnol est passe de “neant” a “survie”. J’ai adapte mon quotidien a la chaleur, j’ai vu des paysages magnifiques, j’ai fait – quelques – belles rencontres. J’ai roule 2107 km d’Orleans a Grenade en 4 semaines.

Je, J’ai, Je suis, J’ai … bah oui, plus de nous, je suis seul. Une petite bulle de moi s est formee autour de moi, mon petit monde a moi. Dans ma bulle il y a ba moi deja, et mon velo, et mon telephone, la guitare, la sacoche avant droite qui contient la bouffe et la popote, la gauche, l arriere droite, et l arriere gauche. Il y a ma tente et voila. Et surtout, toujours sous mes yeux, premier objet sorti une fois arrete, mon doudou en fait: c’est ma carte. Elle me rassure, je l’aime et je la connais par coeur, je connais chaque centimetre des routes que j’ai traversees. Je dois passer deux heures par jour les yeux dans mes cartes, a lire ce que j’ai fait, le comparer a la realite, lire la suite, choisir le chemin, deviner la realite qui se cache derriere chaque route. Ma carte, mon doudou. Chaque element est important, une altitude, une ville, une riviere, un lac. La route suit une riviere ? C’est bon signe ! Ca va etre beau et tranquille. La route coupe une riviere ? Ca va monter ! Pas de ville pendant 35 km : j ai interet a remplir mes deux bouteilles d’eau. Un lac : chouette je pourrai me baigner. Parfois elle me ment, elle annonce une ville en fait engloutie sous les eaux du lac, ou une belle route quand les locaux m assurent qu’elle est abandonnee depuis 15 ans. C’est les aleas du voyage ca.

Donc voila, lorsque j’arrive dans un petit village de campagne espagnol, que j’entre dans le seul bar d’habitues de la place centrale, que le barman me sert mon coca sans un sourire, et alors que les quatre clients du village me regardent de coin (peut etre aussi que je pue la transpi), moi je sors : ma carte, mon doudou. Je bois mon coup, je demande “quanto questa ?”, je paye, je repars.

Le contact avec nos cousins espagnols n’a pas ete evident, dans les villages et dans les villes. Il leur manque un peu de curiosite quand meme, mais je mets ca surtout sur ma mauvaise maitrise de la langue (ne pas compter sur l’anglais chez les espagnols). J’ai tout de meme enrichi mon vocabulaire en ecoutant les gens et grace aux panneaux routiers, pour le reste je tente le mot en Francais en roulant les “r” et en ajoutant “a” a la fin. Il m est difficile de demarrer une conversation, encore plus difficile de l entretenir. “Mucho Calor Hoy !” voila comment on pourrait commencer. Puis souvent on me demande “De Donde es ?” – “Franzes ! Soy Franzes, voy Granada !” que je reponds. Puis tres souvent, on me dit un truc du genre “Oulalaaa, tu vas a Grenade,? Mais il fait tres tres chaud la bas !!”, alors qu on creve deja de Chaud !

Quand j’etais a Paris, on m a dit que j aurais chaud en dordogne, quand j etais dans les pyrenees on m a dit q u il ferait chaud en espagne, et partout en espagne on m a dit que j aurai tres chaud au centre, puis au centre on m a dit que je creverai de chaud a grenade. Et maintenant je dis que je vais au Maroc ! Bon, la chaleur ca se supporte, ca va, et le soir il fait toujours frais. Il ne s’agit que d adapter les horaires : leve 5h45. Depart 6h30. Rouler en deux ou trois sessions. STOP a 11h30, ou une montee sans ombre est devenue insupportable. Pause dejeuner, sieste evidemment. Puis a 17h, le soleil tape encore severevement, je mets la creme solaire, les lunettes et je repars. Fin vers 20h. J ai roule ainsi 5 a 6 heures par jours, 70 a 110 km.

Bref ! Pour en revenir aux espagnols, il y a donc eu des journees plutôt vides de conversations, et beaucoup de campings seul : au bord des lacs, au bord des rivieres, dans les champs, dans un camping, et avec toujours l’assurance d’une nuit sans pluie et sans orage. Mais des belles rencontres, il y en a eu !

Une jouree, pour changer des champs a perte de vue, je fais un petit detour par le lac Ruidera, qui est en plus classe parc national. Il y a enormement d espagnols qui viennent s y baigner et faire du camping. Lors de ma pause de midi je fais peu de rencontres, mais j’observe un peu tout le monde et j’apprecie la baignade et la sieste. 17h, je repars et longe la serie de lac par une petite piste. Je suis seul, into the wild (photo du velo dans un chemin), loin de l’agitation du centre touristique. Apres 15 km dans les pistes et les cailloux, je parviens au dernier lac, le spot parfait, magnifique, avec une petite plage et l eau transparente. Quelques groupes sont venus y installer leurs tables de campings ! Je pense qu’ils partiront a la tombee de la nuit et je serai tranquille. Tiens ? pour la premiere fois, je me surprends a souhaiter etre seul, tranquille, avec ce lac et la nature pour moi tout seul. Partez les gens ! Laissez moi seul avec la nature, a ecouter le bruit du vent dans les arbres et observer le coucher de soleil sur le lac. Est ce que je commence a bien m immerger dans la solitude ? Le soleil tombe et les groupes partent uns par uns. Et la peut commencer la technique du pauvre voyageur qui va dormir la ou les gens ont grassement pique nique. Je demande timidement aux gens a cote de moi s ils peuvent me laisser un peu d eau, puis on m apporte des litres d eau, une deux canettes de Fanta, du pain, des chips, des mures, du jambon de pays etc … Je me sens riche de bouffe ! Je sors la guitare. Je n ai pas joue une note qu’un groupe d enfant s approche ! Alors je leur joue quelques morceaux. Les mamans me rejoignent. La magie de la guitare a encore opere ! Je leur raconte un peu le voyage. Puis tout ce monde repart, et la solitude attendue est la, je dors tranquillement pres de mon lac perdu, avec un bon moral !

Une autre : pour mon dernier soir de velo en espagne : 19h00, je me pose dans un petit bar, je demande un “Vin d’ete”, melange rafraichissant de vin et de limonade qui pourrait ressembler a de la Sangria. Antonio, le barman, parle Francais, et il s interesse a mon voyage. Alors que je pars, il me propose de dormir dans la ferme de son frere, sur ma route 3km plus loin. Excellent ! Je passe ainsi la soiree a visiter la ferme : oliviers a perte de vue (l’andalousie est le pays des oliviers, voir photos), amandiers, tournesols, chevres, chevaux, chats, poules, irrigations, Carlos m’explique tout. Je suis invite plus tard au bar a diner avec eux au bar ou j avais rencontre Antonio. Voila une belle soiree et une belle rencontre ! (photo avec le 4*4).

Des belles rencontres, il y en a eu, donc, au fur et a mesure que je descendais au Sud, et que je m integrais probablement a la culture. Mais des beaux paysages, TOUS les jours ! Et je dirais, plus qu’en France. Il y a des grands espaces en espagne, et peu d’arbres, alors une vue au loin toujours degagee sur ces paysages secs. La France parait ratatinee a cote : une grande densite de villages, et des reliefs plus resserres et vallones. Ces deux semaines de traversee, j’ai finalement alterne les sessions de plat : champs a perte de vue et villages paumes, et les passages dans les parcs : montees/descentes incessantes, petits cols, touristes et beaux villages.  Bien entendu, le vent ne m a pas epargne, mais tantot de face, tantot dans le dos, donc pour l instant c’est juste. Enfin, c’est en Andalousie, et dans le parc de “Sierra Segura” que j en ai pris le plus dans la vue ! Voici donc ci dessous beaucoup de photos pour vous donner un apercu. J ai aussi pris l’habitude de prendre des videos panoramiques en roulant avec mon portable, ce qui donnera une belle compilation a mon retour !

M’y voici donc, a Grenade. NOUS y voici, puisque nous la visitons a deux avec Christine ! (www.8ruecaffarelli.com). Je prends donc 4 jours de bon repos. Nous irons ensuite a Malaga, d’ou je prendrai un Ferry pour Melilla, et le Maroc !